L'ordre des plans raconte la visite
Une bonne vidéo suit le trajet d'un acheteur : la façade d'abord, parce qu'elle situe et donne l'échelle ; puis les pièces de vie ; ensuite les chambres et la salle de bain ; et l'atout le plus fort en dernier — terrasse, vue, cuisine refaite. On termine sur ce qu'on veut faire retenir.
L'erreur classique est de suivre l'ordre du dossier photo. Il ne correspond à rien : c'est celui dans lequel le photographe s'est déplacé.
Cinq à sept plans suffisent
Chaque plan doit tenir quatre à huit secondes. En dessous, l'œil n'a pas le temps de lire la pièce ; au-dessus, le plan s'étire. Cinq à sept séquences donnent une vidéo de trente à quarante secondes, ce qui correspond à ce qu'un acheteur regarde réellement jusqu'au bout.
Montrer douze pièces n'aide pas : ça dilue. Une salle de bain banale et un couloir n'apportent rien qu'une photo ne dise déjà.
Le mouvement doit être lent, et c'est tout
Un travelling avant discret, un panoramique lent, une très légère montée. Le mouvement sert à donner la profondeur qu'une photo n'a pas — pas à impressionner. Les zooms rapides, les transitions marquées et les effets de glissement datent la vidéo et détournent du bien.
Deux formats, deux usages
Le 16:9 pour les portails d'annonces, votre site et YouTube. Le 9:16 pour Instagram, TikTok et les stories, où une vidéo horizontale occupe un cinquième de l'écran et se fait ignorer.
Le format doit être choisi avant la production. Rogner un paysage en vertical après coup coupe systématiquement quelque chose d'important, parce que le cadrage n'a pas été pensé pour.
Ce qui rend une vidéo inutilisable
- Une scène modifiée. Un meuble ajouté, un ciel changé, une pièce agrandie : l'acheteur qui visite ne reconnaît pas les lieux, et la confiance tombe. En France comme en Belgique, une présentation trompeuse engage l'agence.
- Des personnes ou des animaux qui bougent. C'est le défaut le plus fréquent des vidéos générées : un chien qui se retourne, une silhouette qui traverse. Mieux vaut écarter la photo.
- Des bandes noires. Elles trahissent un montage fait au mauvais format et donnent un air amateur avant même qu'on ait vu le bien.
- Une musique trop présente. Elle vieillit vite et se coupe de toute façon : la plupart des réseaux lisent en silencieux par défaut.
Le coût réel
Un vidéaste facture 300 à 500 € par bien, plus le déplacement, avec deux à cinq jours de délai. C'est justifié sur un bien d'exception. Sur un mandat courant à 250 000 €, ça ne passe pas — et l'annonce sort donc sans vidéo.
Générer la vidéo depuis les photos déjà prises change l'équation : 18 à 30 € par bien, dix minutes, sans rendez-vous. Ce n'est pas meilleur qu'un tournage. C'est infiniment meilleur que rien.